Texte écrit par JPP pour le site de l'association
Transmaître Lorsqu'on
envisage l'apprentissage de la lecture, il faut se placer dans une
démarche globale de découverte de la langue française dans toutes ses
dimensions. Un enseignement convenablement conduit, selon un schéma
clair et avec des maîtres bien formés, doit amener l'ensemble d'une
classe d'âge à maîtriser toutes les règles grammaticales et
orthographiques qui gouvernent notre langue. Cette maîtrise peut (et
devrait) être définitivement accomplie en une dizaine d'années
(autrement dit dès la sortie du collège).
La grande section et le
cours préparatoire constituent en quelque sorte les fondations de ce
programme décennal que tous les enseignants qui se succèdent au chevet
d'un élève gagneraient à connaître dans ses différentes parties.
Idéalement, l'ensemble de la chaîne pédagogique d'un réseau scolaire
devrait s'atteler à une mise en cohérence du vocabulaire technique
(particulièrement en grammaire et en arithmétique), à l'établissement
d'un programme annuel/mensuel/hebdomadaire détaillé ainsi qu'à une
articulation harmonieuse du plan de travail lors des passages d'une
année à la suivante.
L'ÉCRITURE / LA LECTURE
Au sens
littéral, la lecture consiste à prononcer en syllabes des signes
conventionnels utilisant l'alphabet. Auparavant ces signes eux-mêmes
ont été tracés ou dactylographiés pour indiquer, grâce aux combinaisons
usuelles des lettres, les sonorités émises en parlant.
— Les
exercices de lecture doivent donc être précédés et accompagnés
d'exercices destinés à assurer une prononciation correcte des formes
vocales. À cinq ou six ans l'enfant, n'est pas toujours en mesure de
bien prononcer les mots, et son oreille ne sait pas encore démêler les
divers sons dont ils se composent. On y parvient en l'interrogeant sur
des choses familières, représentées autant que possible par des images
que l'on place sous ses yeux à chaque nouveau son étudié.
— Les
exercices d'écriture doivent commencer par les éléments les plus
simples pour amener peu à peu l'enfant à reproduire les lettres dans
leur tracé cursif, minuscule d'abord, majuscule ensuite. En même temps
qu'on exerce l'oreille, on doit fortifier la main de l'élève par des
exercices gradués et habituer son œil à suivre et analyser les traits
qu'il doit reproduire. Que ce soit à l'aide d'un crayon ou par
l'intermédiaire d'un clavier, la transcription de la parole par
l'écriture passe toujours par l'intervention de la main qui juxtapose
une à une les lettres, dans un ordre déterminé.
DE L'ÉCRITURE, DE LA LECTURE ET BIEN DAVANTAGE...
L'apprentissage démarre par la découverte des premières associations
consonne/voyelle et par la composition de quelques blocs syllabiques de
base. Ces blocs élémentaires se combinent entre eux pour former des
mots (n/i—>ni, m/u—>mu, mu-ni—>muni). Ils seront enrichis
chaque jour. Cette étape fondamentale doit être conduite en prenant
tout le temps nécessaire ; elle permet déjà d'écrire et de lire un
nombre significatif de mots simples. Grâce aux exercices réguliers de
copie/dictée, en correspondance directe avec les leçons d'écriture et de
lecture, l'enfant apprend progressivement à écrire des syllabes, des
mots, des phrases ; il apprend aussi à se (re)lire et à corriger ses
erreurs.
Dans un processus de maturation identique mais beaucoup
plus lent, l'écriture s'automatisera elle aussi. Après quelques mois
l'élève pourra commencer à rédiger de petits textes très courts. Mais
il faudra encore bien des années avant que l'écolier/collégien, devenu
lycéen puis étudiant, s'approprie véritablement les subtilités
rhétoriques et les codes de l'écriture. Il saura alors développer,
clarifier et exposer sa propre pensée.
Dès la rentrée,
l'apprentissage de l'écriture/lecture s'intègre à un ensemble de
connaissances. Au fil des journées, l'instituteur du cours préparatoire
est tel un architecte qui doit combiner la lecture proprement dite
(syllabation, épellation, déchiffrage...) avec des leçons de choses
(pour l'enrichissement du vocabulaire), des leçons de grammaire (pour
la bonne compréhension du sens des phrases), des exercices divers de
langage, des éléments de dessin, des notions de calcul et de
géographie… Ces différentes activités créent une variété d'approches et
une synergie au service de l'apprentissage de la lecture.
DU DÉCHIFFRAGE LABORIEUX À LA LECTURE EXPRESSIVE
— Dans les toutes premières semaines d'apprentissage, l'élève ne
devrait donc lire que ce qu'il sait écrire. La lecture (systématiquement
effectuée à voix haute) consiste provisoirement en un déchiffrage
lent, guidé par l'index, plus ou moins scandé (et cependant chaque jour
mieux assuré que la veille) qui permet de redonner aux mots leur forme
vocale et d'en comprendre immédiatement le sens (pour autant que le
vocabulaire soit préalablement connu du lecteur).
— L'étape suivante
résulte de l'entraînement quotidien. Elle consiste chez le lecteur
novice à automatiser sa reconnaissance des mots et à éviter ainsi
l'effort du déchiffrage. L'élève lit couramment, sans son doigt ; sa
lecture devient rapide et fluide, quasiment sans effort de réflexion
pour déchiffrer.
— Enfin l'enfant lit sans la moindre hésitation,
avec une intonation expressive ; sa diction est inspirée directement du
sens de l'énoncé. La lecture peut être silencieuse.
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EN BREF
Une bonne méthode de lecture doit :
— S'appuyer sur la structure alphabétique de la langue et préconiser
la lecture à voix haute. Elle doit également lier le plus possible
écriture et lecture pour apprendre simultanément à lire ET à écrire.
— Être "méthodique" ; c'est à dire proposer un cheminement réfléchi
jusque dans le détail ; ne pas aller trop vite dans les premières étapes
afin d'assurer de solides bases. Son champ d'application ne débordera
pas du cours préparatoire ; l'idéal étant un apprentissage réparti sur
GS/CP (avec la même méthode évidemment).
— Mettre en confiance
l'instituteur (ou le parent) qui l'adopte en garantissant un
pourcentage de réussite proche de 95 % (il demeurera toujours les vrais
dyslexiques...). Le procédé utilisé doit s'appuyer sur un minimum
d'effort pour un résultat maximum.
— Être "légère" (pas de
livre du maître
aussi copieux qu'indigeste) tout en proposant la découverte de tous
les phonèmes de la langue, sans exception. Aucun mot non lisible par
l'enfant ne sera jamais offert à la lecture.
— Être économique à
l'usage (ce qui signifie une reliure robuste, un papier une impression
de bonne qualité afin que le livre résiste plusieurs années)
Enfin,
le manuel d'apprentissage choisi et retenu (après fine analyse
comparative) sera celui qui convient le mieux à l'instituteur. Celui-ci
suivra scrupuleusement les conseils d'utilisation et se formera
sérieusement si cela est nécessaire.
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POUR BIEN TRAVAILLER
Il faut toujours conserver à l'esprit le rôle déterminant du bien-être
et de la dimension affective dans une relation d'apprentissage.
—
La reconnaissance de l'expertise de l'enseignant passe par
l'établissement d'un climat de confiance réciproque avec ses élèves et
avec les familles. Des relations sereines avec l'institution
(hiérarchie, collègues) sont également nécessaires afin de bénéficier,
au minimum, d'une bienveillance professionnelle.
— La motivation
des élèves est fondamentale ; l'enseignant se doit d'expliquer et de
détailler régulièrement les étapes du parcours d'apprentissage. En
particulier lorsqu'il s'agit d'aider les élèves les plus fragiles.
— Convaincu de la pertinence de ses choix, l'instituteur ne craint pas
le débat ; il ne cherche pas non plus la polémique stérile et
s'abstient donc de critiquer toute pratique qui n'est pas la sienne.
Texte consultable ci-dessous:
http://ecole-neris-cp2012.blogspot.fr/2013/01/de-la-lecture.html
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