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samedi 20 août 2016

Information aux lecteurs

Bonjour,

Ce journal en ligne permet, de connaître en temps réel (ou presque) l'avancement du programme dans ma classe de CP. Une fenêtre (ou porte) que j'ouvre volontiers... 

À partir de la rentrée 2014/2015, je souhaite classer les leçons par matières afin de faciliter les recherches. Je devrai ainsi alimenter les onglets de matières autant que possible au jour le jour selon l'avancement de la classe. Les onglets ainsi que le champ de recherche permettront de retrouver assez facilement un thème ou un sujet voulu. J'espère ainsi être utile aux parents et enseignants qui suivent le travail de la classe et l'évolution des élèves au fil de leur année de CP si importante.


Bonne lecture!

Comme je ne souhaite pas avoir à gérer des commentaires, les lecteurs qui le souhaitent peuvent d'une part prendre contact avec moi pour toute question, mais aussi être informés automatiquement (par courrier électronique) du postage d'un nouvel article sur ce blog de la classe.Il suffit simplement d'adresser un courriel à

amalthee.zeus@gmail.com

mercredi 4 novembre 2015

Aide au calcul mental, pour les petits...et les plus grands....

DÉCOMPOSER LES NOMBRES DE 1 À 10

Les éditions Chantecler proposent des cartes d'apprentissage. Voici les cartes pour apprendre à décomposer les nombres de 1 à 10.
 

Ces cartes rappellent notre bateau avec Riri et Fifi (Riri a 3 balles, Fifi en a 2, en tout dans le bateau, ils ont 5 balles 3+2 font 5, alors, si Riri tombe à l'eau, il reste  2 balles 5-3=2...etc) et sont bien pratiques pour devenir imbattable en calcul mental. Nous les utiliserons régulièrement en classe.

En effet, pour bien calculer, il est important de connaître par coeur les résultats de l'addition des nombres allant de 1 à 10 (donc  résultats allant de 2 à 20). Nous les apprenons au fur et à mesure tout au long de l'année. Dans la foulée, il permettent d'apprendre les résultats des soustractions (si 3+2= 5, alors, je sais déduire que 5-2= 3 et 5-3= 2 car je connais une des décompositions de 5 possibles).
 
Un exemple :

Votre enfant doit résoudre l'addition 8 + 7. Sans réfléchir, il devrait savoir que 7 se décompose en 2 et 5. Ainsi il pourra tenir le raisonnement suivant :

7 se décompose en 2 et 5.
J'ajoute 2 à 8. (8+2=10)
J'ajoute le 5 restant à 10. (10 + 5 = 15)

8 + 7 vaut donc 15

Idée de lecture...

NEUF CONTES DE CHARLES PERRAULT

9 contes de Perrault illustrés >>>

LES ENFANTS FACE AUX ÉCRANS

(vu pendant les vacances...)

LES ENFANTS FACE AUX ÉCRANS

    Chaque année nous avons en classe davantage d'enfants fatigués, énervés, incapables de maintenir leur attention au delà de quelques minutes. Il existe plusieurs causes identifiées à ce problème de santé publique mais l'explosion du temps d'exposition aux écrans dans les familles entre certainement dans une part importante du phénomène. 

Voici une série de vidéos qui éclaireront les parents et leur feront (peut-être) prendre conscience de ce problème ruinant en partie les chances des enfants de réussir des études exigeantes auxquelles ils pourraient s'intéresser plus tard.

L'influence des écrans, conférence du Dr Bruno HARLÉ partie 1/3

L'influence des écrans, conférence du Dr Bruno HARLÉ partie 2/3

L'influence des écrans, conférence du Dr Bruno HARLÉ partie 3/3

 

01 - Ouverture par François Dagnaud

02 - Intervention de Bernard Stiegler 

03 - Témoignages d'élèves du collège Georges Rouault

04 - Impact des écrans sur la santé émotionnelle et intellectuelle

05 - Héloïse Junier, Psychologue, Sabine Duflo Psychologue, Sophie Jehel Sociologue

06 - Le Défi sans écrans dans des écoles et communes de Bretagne

07 - La Semaine sans écrans à l'école

08 - ?

09 - La réduction du temps-écrans au Michigan et au Québec

10 - La publicité ciblant les enfants

11 - Intervention de Christian Gautellier

Association pour l'éducation à la réduction du temps écran >>>

FILM : LE TUBE : Ou les effets de la télévision sur le cerveau >>>

— TV Lobotomie (JM Desmurget) >>>

ÉCRAN GLOBAL : du tout numérique à la pédagogie Steiner-Waldorf !

mercredi 23 septembre 2015

Les tablettes, à éloigner des enfants

Les tablettes, à éloigner des enfants

 Mis en ligne sur Sisyphe, le 21 septembre 2015 >>>


En janvier 2013, dans son rapport « L’enfant et les écrans », l’Académie des sciences exprimait un avis favorable concernant l’utilisation des tablettes par les jeunes enfants. Plus de soixante chercheurs avaient vivement réagi.

Malgré leurs protestations, force est de constater que cet objet dont les effets mériteraient d’être soigneusement étudiés se retrouve de plus en plus fréquemment dans les mains des bambins, que ce soit dans la sphère privée ou publique (crèche, école maternelle).
Des scientifiques apportent pourtant leur caution. « Jouer sur une tablette, c’est bon pour les bébés », affirme ainsi le professeur Olivier Houdé, chercheur en psychopédagogie.

Aujourd’hui, nous, psychologues, orthophonistes, psychiatres, pédiatres, enseignants, bibliothécaires, infirmières scolaires, chercheurs et parents, faisons le même constat que celui qui a été fait pour la télévision : la tablette cause de sérieux troubles chez l’enfant lorsqu’elle devient le principal outil de stimulation.

Nous observons que l’usage intensif de la tablette :
1. augmente les troubles de l’attention ;
2. retarde l’émergence du langage ;
3. entrave la construction du principe de causalité et des premières notions de temps ;
4. altère le développement de la motricité fine et globale ;
5. nuit à une socialisation adaptée.
Ce constat, nous l’avons fait en comparant de nombreux enfants avec d’autres moins exposés, ou en étudiant des enfants dont la consommation a été réduite à la suite des limitations que nous prescrivons.

Des effets sur l’attention
La tablette capte fortement l’attention involontaire : l’image, attrayante visuellement, rapidement changeante et accompagnée de sons, fascine l’enfant. Elle est une source d’excitation. La machine encourage constamment des pseudo-réussites, y compris dans les actions violentes. En captant l’attention de l’enfant, la tablette retarde l’émergence de compétences capitales telles qu’un langage riche, une sociabilité adaptée, une motricité harmonieuse. Elle vole le temps aux activités nécessaires à leur développement.

Des effets sur le langage
De plus en plus d’enfants consultent pour des retards de langage. Et parmi eux, beaucoup ont l’écran comme principale source de stimulation. Cela procure une certaine tranquillité aux parents, mais c’est au détriment de l’interaction verbale, cruciale dans cette période de la vie et indispensable à l’acquisition du langage.
Les programmes prétendument « interactifs » ne permettent pas l’échange propre à la communication humaine. Aucune machine ne permet de contact visuel ou de langage adressé à l’enfant. Or c’est l’attention qui lui est portée qui permettra à l’enfant de découvrir qu’il est quelqu’un. « J’ai appris à dire “Je” parce que l’on m’a dit “Tu” ».

Des effets sur la constitution de la notion de temps et de causalité
Par son action répétée sur des objets réels, l’enfant extrait des lois physiques essentielles à l’intégration du concept de causalité. Le ballon roule si je donne un coup de pied dedans. Cette expérimentation est impossible via l’écran et peut même être biaisée : le carré peut rouler, l’œuf tomber sans se casser… Par l’observation des objets réels, l’enfant découvre la notion de temporalité : les feuilles des arbres jaunissent en automne, le jouet jeté se casse et ne se répare pas, les hommes meurent. Le virtuel de l’écran entrave cette découverte essentielle.
Enfin, la tablette, par l’illusion de satisfaction immédiate qu’elle procure, évince l’expérience psychique cruciale de la contrainte. L’immédiateté de la réponse fournie par la tablette nuit aux apprentissages nécessitant la planification, la stratégie, le détour, c’est-à-dire l’acceptation d’une frustration momentanée, d’un plaisir retardé.

Des effets sur la motricité fine et globale
Face à une tablette en continu, le bébé ne peut développer sa motricité globale. D’une part, il reste assis sans pouvoir explorer son environnement ; d’autre part, face à toute surface plane, il a l’illusion d’être devant une tablette en tapotant dessus ! Devant des objets « réels », il est souvent désemparé, limité et étonnamment maladroit.

Enfin, l’école signale de plus en plus de difficultés de graphisme.
Les cabinets de psychomotricité ne désemplissent pas. Entre feutres et tablette, pas d’hésitation : l’enfant choisit ce qui scintille, brille et bouge ! Or, les activités graphiques sur tablette ne sont pas substituables à l’entraînement papier-crayon.
L’ajustement tonico-postural exigé par le maintien du crayon, le souci de ne pas déborder de la feuille, d’adapter la force du tracé… constituent autant de contraintes structurantes, inexistantes avec la tablette, qui rectifie d’elle-même les erreurs.
Nous faisons ces constats auprès de nos patients, de nos élèves, de nos propres enfants. Nous tirons ces conclusions de nos observations quotidiennes de terrain.

L’observation majeure est que la tablette, comme tout écran, crée un phénomène d’emprise de l’enfant par la captation de son attention. Il se trouve alors coupé de ses expériences sensorielles, essentielles pour appréhender le monde qui l’entoure, coupé de la relation langagière, cruciale pour apprendre à parler et à penser par soi-même, amputé de la nécessaire mise à distance entre soi et les objets, utile au développement de l’imaginaire, de la capacité à être seul et de la conscience de soi.
Des dangers des objets numériques, les créateurs tel Steve Jobs en avaient une très nette conscience. Le patron d’Apple reconnaissait imposer une limitation drastique pour ses propres enfants, et bien d’autres géants du numérique ont fait le choix d’écoles déconnectées pour leur progéniture.
Combien de temps faudra-t-il attendre pour que nous adoptions les mêmes recommandations de limitation pour tous les enfants ?

Signataires :
Sabine Duflo, psychologue en centre médico-psychologique (CMP) pour enfants et adolescents. Jacques Brodeur, enseignant, fondateur d’Edupax. Janine Busson, enseignante, fondatrice d’Enfance-télé : danger ?, initiatrice de la Semaine sans écran en France. Emmanuelle Deschamps, orthophoniste en CMP enfants. Bruno Harlé, pédopsychiatre. Erik Osika, pédiatre, référent de « J’élève mon enfant », de Laurence Pernoud.
- En savoir plus dans Le Monde, Sciences.
- Article publié aussi dans Fréquence Ganndal
- Sites recommandés : www.EDUPAX.org et http://acmequebec.edupax.org

mardi 11 août 2015

À la découverte de la nature et de notre culture à l'aide de GEOCACHING

Cet été a été l'occasion de découvrir une activité qui permet d'enthousiasmer les enfants pour la marche, la randonnée. (voir photos plus bas...)

Il s'agit de "Géocaching"

Le géocaching (ou geocaching) est un loisir qui consiste à utiliser la technique du géopositionnement par satellite (GPS) pour rechercher ou dissimuler un contenant (appelé « cache » ou « géocache ») dans divers endroits à travers le monde. Une géocache typique est constituée d’un petit contenant étanche et résistant comprenant un registre des visites et un ou plusieurs « trésors », généralement des bibelots sans valeur.
En 2013 il existe plus de deux millions de géocaches1, répertoriées dans 222 pays sur les différents sites web communautaires dédiés à ce loisir. (wikipédia)


Voici l'adresse du site officiel (en anglais pour la page principale, mais pour les caches en France, les articles sont dans la langue du pays), mais il existe aussi un site français. Cela permet de pratiquer un peu son anglais ce qui, au passage, ne peut pas faire de mal.

https://www.geocaching.com/
http://france-geocaching.fr/

Ci-dessous, un lien vers un article paru dans Ouest-France: 
http://www.ouest-france.fr/partez-la-chasse-aux-tresors-avec-le-geocaching-3612767 

Enfin, ci-dessous, quelques photos de lieux que j'ai pu découvrir  en famille grâce à ce site (l'application téléchargeable sur mobile ou PC est possible). Nos promenades ont été émaillées par la recherche de "trésors" et le plaisir de signaler notre passage sur le petit livre-mémoire présent dans chaque boîte. Expériences  plaisantes et culturelles qui nous laissent enrichis de somptueux souvenirs.

Je n'aurais jamais découvert ses lieux, admiré ces vues en famille sans l'appui de cette "quête au trésor". Le principe des caches est d'amener les "chercheurs" dans des endroits méritant le détour auxquels on ne songerait pas sauf à les connaître déjà soi-même ou par l'intermédiaire de quelqu'un. En outre, les articles présentant les caches permettent, en plus, de découvrir le lieu, le cas échéant son histoire, bref d'enrichir ses connaissances culturelles.

Il y en a partout autour de nous... essayer près de chez vous... 
bol d'air et plaisir garanti!!!

Les photos ci-dessous ont été prises en Espagne notamment dans la région d'Extremadure, appelée Las Hurdes, et proche d'un village nommé La Alberca.

le méandre du méléro où coule la rivière Alagon, c'est l'endroit inattendu où nous a emmené une cachette proche de l'endroit où nous profitions d'une baignade.


en chemin vers un autre trésor caché, lui près de "la torreta", nous passons un col  "el portillo bejarana" qui offre un panorama splendide.
La fameuse "torreta" (tourette), est une roche spectaculaire dépassant les 15m de hauteurs.

Le trésor de l'endroit et son livret à signer. Nous y mettons un personnage bleu après avoir pris un objet du trésor (pour prendre qqch, il faut laisser qqch).

Nous avons goûté au pied de la Toretta... au-dessus de nous, les vautours... curieux... Souvenirs garantis pour les 3 enfants (de 6 à 16 ans) nous accompagnant!

 un peu plus loin que la Toretta, un chemin a mené, jusque là-haut, notre guide et ami.

Voici notre randonnée dans et le long de la rivière Batuecas, qui prend sa source en un lieu nommé "el Chorro" (le filet d'eau). Le long de cette rivière et dans cette vallée reculée, un monastère de Carmélites déchaussés, voués au silence et à la contemplation. Nous sommes remontés jusqu'à la source par le lit de la rivière et redescendu par le sentier de randonnée. 16 trésors découverts en 2 promenades...

une des nombreuses cascades...

pause goûter, à côté de l'ultime boîte au trésor, au sommet d'un rocher d'où coule la source de la rivière Batuecas...

Retour au point de départ, au pied du monastère, par le sentier de randonnée, encore des paysages inoubliables.

Le chemin pour monter à une des cachettes, lors de notre 2ème sortie à la rivière Batuecas, ci-dessous, la vue depuis cette cachette où seules viennent les chèvres... et les "géochercheurs".

Ce nouveau trésor nous fait découvrir une vue imprenable de la falaise d'en face...



après l'effort, notre lieu de baignade....eau trèèèès fraîche...


le bruit de l'eau... ce petit film servira en classe pour illustrer le mot "cascade" que nous apprendrons à lire dans notre livre Delile... Tout est utile...

Nous irons dans le creux de cet immense rocher chercher un des trésors semés le long de la rivière... sans Géocaching, nous nous serions contentés de nous émouvoir de loin de cette création de la nature.



lieu appelé la "cathédrale, possédant des peintures rupestres... impossible d'y monter si on ne connaît pas le petit sentier qui y mène... lieu visité parce qu'un trésor s'y trouvait...
 
Ces deux arbres aux troncs enlacés serviront à illustrer l'épisode d'Hermès où il est question du vieux couple Philémon et Baucis que Zeus et Hermès visiteront... C'est Géocaching qui a permis de les trouver...

en cherchant l'ermitage de Saint Antoine...
... nous découvrons une vue incroyable sur le monastère de las Batuecas, bijou perdu au milieu des montagnes grâce à un trésor caché non loin....

l'ermitage "Saint Antoine"...


balade au "rocher de l'oeuf"... un trésor est caché tout en haut... nous étions 5 adultes et 9 enfants (de 6 à 16 ans)... Sans le géocaching, nous nous serions contentés de passer à côté (ce qui est déjà beau en soi).

... reste à le trouver... petite escalade possible grâce à des indices sur le site geocaching...

la fabrique à souvenirs tourne à plein régime... pour notre équipe de  jeunes de 6 à 16 ans

après le rocher de l'oeuf, nous grimpons jusqu'à l'observatoire des gardes-forestiers au sommet de la "Carbonera"..., on croirait toucher le ciel...






samedi 11 juillet 2015

Visiter le Château de la Roche-Guyon... dans le Parc Naturel du Vexin...



Après le site de Villarceaux, la Roche-Guyon nous projette dans le château défensif par excellence. D'un bâtiment à l'autre, nous traversons les siècles, 1000 ans nous dit-on!

La vue du sommet du donjon sur les méandres de la Seine est tout simplement bouleversante de beauté (voir plus bas)...
(cliquez sur l'image pour accéder au site)

vue du château depuis le potager




 

 







Visiter le château de La Roche-Guyon, en Val d’Oise, au cœur du Parc Naturel Régional du Vexin français, c’est s’imprégner de 1000 ans de civilisation dans l’un des sites les mieux préservés d’Île de France.
Façonné par l’histoire, du Moyen Age à nos jours, ce château étrange et mystérieux marque les esprits... Adossé à la falaise qui l’a enfanté, dominant une boucle de la Seine, il s’est développé au fil des siècles, entrecroisant avec élégance les styles architecturaux. Son donjon fortifié, curieusement posé sur la colline, domine la vallée de la Seine depuis le XIIe siècle. Il est relié à la forteresse du bas par un souterrain taillé en escalier. L’ensemble est harmonieusement enchâssé dans un écrin verdoyant. Ses écuries monumentales destinées à accueillir 99 chevaux vous charmeront et son potager-fruitier expérimental du Siècle des lumières vous étonnera par sa structure et par le projet dont il est l’objet (ouverture à partir du 1er avril).

Une magnifique journée à la campagne à une heure de Paris !
Individuels :
Adulte : 7,80 €
13-18 ans, étudiant, demandeur d’emploi : 4,80 €
6-12 ans : 4,30 €
Personne handicapée : 3,70 €
Forfait Famille (2 adultes+2 enfants) : 22 €
Forfait Famille++ (2 adultes+3 enfants) : 26 €

Habitant Communauté de communes (Sur justificatif) : 3,30 €
Enfant - 6 ans : Gratuit
Supplément visite guidée (dimanche et jour férié à 15h) : +2 €


 

l'escalier taillé à même la falaise de craie qui mène au donjon




le même escalier à l'intérieur de la falaise (troglodyte, donc), une ascension de 250 marches!


 La maquette du château qui permet de comprendre que de citadelle de défense, ce château est devenu habitation confortable au fil des siècles (en haut le donjon médiéval, en bas le château commencé sous la Renaissance)


Vue des méandres de la Seine depuis le sommet du donjon (une belle péniche passe sur la rivière... souvenir lu dans notre Delile...)
La Roche-Guyon est l’un des 152 "Plus Beaux Villages de France", le seul en Ile de France...(voir le site)




 

Idée de Sortie... Le domaine de Villarceaux dans le Val d'Oise (95) - Parc Naturel du Vexin




Le château de Villarceaux
 Vue du jardin botanique
Labyrinthe de buis... dont le but un bassin muni d'un jolie jet d'eau.
En arrière plan, les somptueux "communs".


 Un site magnifique qui mérite le détour... un parc, des panoramas époustouflants, un château XVIII entièrement meublé... une sublime promenade en famille... au milieu du Parc Naturel du Vexin, écrin d'un patrimoine historique et naturel d'une grande richesse.

La visite peut-être guidée (1h45 environ) ou libre. C'est le Conseil Régional du 95 qui finance l'entretien de ce site magnifique, ce qui permet à tout un chacun de le visiter sans bourse délier... Ne vous en privez pas!

(cliquez sur l'image pour accéder au site du Domaine)



(à coupler avec un des nombreux châteaux du Parc Naturel)

 

Le manoir


On suppose que l’histoire commence au XIe ou au XIIe siècle avec un petit châtelet en bois auprès duquel Louis VII fonde un prieuré bénédictin de femmes. L’eau joue alors un rôle clé dans la vie qui s’organise en quasi-autarcie. Un siècle plus tard apparaît la seigneurie de Villarceaux.
Au XVe siècle, un véritable château fort succède à la simple maison fortifiée des origines : le domaine fait partie de la ligne de défense frontalière du royaume de France.
À la Renaissance, il s’agrandit et devient une vaste propriété agricole et une résidence de plaisirs. Les jardins et plans d’eau sont alors redessinés selon le goût de l’époque, moins austère, influencé par l’Italie. Plus tard, sous le règne de Louis XIV, Ninon de Lenclos, maîtresse du marquis de Villarceaux, « capitaine de la meute du roi pour le renard et le lièvre », séjournera quelques années au manoir.

Les communs du manoir (XVIe siècle)

Ce sont l'un des trois éléments, avec la « tour des condamnés » (ou « tour Saint-Nicolas ») et le pavillon de Ninon, qui subsistent du château fort historique. Les communs devaient encadrer une cour fermée composée de deux petites tours à l’ouest, toujours visibles. Une partie des bâtiments abrite des ateliers d’artistes.
Les communs, reconstruits au XVIe siècle, font l’objet d’une restauration complète.

Le pavillon de Ninon (XVIe siècle)

Ce bâtiment, qui renferme d’exceptionnels décors des XVIe et XVIIe siècles, n’est ouvert qu’à de rares exceptions et pour des petites groupes de visiteurs. Renseignez-vous auprès du domaine.

La tour Saint-Nicolas et la terrasse médiévale

L’une des nombreuses sources du domaine sourd à l’intérieur de la tour. Ainsi protégée des tentatives d’empoisonnement par les assaillants, la source permettait aux habitants de résister longtemps en cas de siège. La terrasse accueille aujourd’hui un jardin de simples (plantes médicinales) et elle est ouverte aux visiteurs.

Le parterre sur l’eau (XVIe siècle)

L’un des rares exemples de « jardin sur l’eau » préservés en France. Le parterre a été rétabli par l’Agence des espaces verts de la Région Île-de-France. Les dessins de buis évoquent les parterres de broderies Renaissance.

Le miroir de Ninon (XVIIe siècle)

L’une des pièces d’eau d’agrément de forme régulière aménagées au XVIIe siècle.
Le « miroir » est ainsi appelé parce que le château du haut se reflète dans ses eaux alimentées par une délicate cascade.


Le château dit « du haut »

Il a été bâti au XVIIIe siècle – l’époque des Lumières – pour Jean-Charles Baptiste du Tillet, marquis de la Bussière. Héritier de la seigneurie de Villarceaux, le marquis fait démanteler le vieux château féodal et commande à l’architecte Jean-Baptiste Courtonne une grande maison de plaisance. La nouvelle demeure occupera une position dominante sur le plateau. Ses fenêtres majestueuses ouvriront sur des perspectives rayonnantes, permettant au regard de se porter des jardins à la française plantés sur les pentes du château jusqu’aux confins de l’horizon.
Depuis les terrasses, les visiteurs bénéficient d’une vue sur les jardins et la campagne du Vexin unique en Île-de-France. Ne la manquez pas !


Le vertugadin (XVIIIe siècle)

Ce lieu tire son nom et sa forme des plis resserrés des jupes à panier que portaient les femmes de l’aristocratie et de la bourgeoisie depuis le XVIe siècle. Le talus en vertugadin rattrape la différence de niveau pour arriver à la terrasse du château du haut. La vue plonge alors sur le grand étang, 530 mètres plus bas, et l’extrémité des jardins à la française. Des statues des XVIIe et XVIIIe siècles provenant de Rome (palais Altieri) et de Côme (villa d’Este) rythment la promenade.

La cour d’honneur (XVIIIe siècle)

Bornée par des communs, un pavillon pour la garde armée personnelle du propriétaire des lieux, et la chapelle dédiée à Saint-Antoine, et à Saint-Michel, la majestueuse cour d’honneur autorisait l’accès des équipages au château par le haut du domaine. L’horizon boisé est ponctué à intervalles réguliers par des sauts de loup, ou « haha ». Ces fossés creusés en bordure de propriété sont conçus pour en interdire l’accès sans masquer la vue sur le paysage comme le ferait un mur ou une clôture.

L’orangerie (XIXe siècle)

Flanquée de deux serres, l’une chaude, l’autre froide, elle permettait la culture d’oranges et de fruits exotiques pour la consommation des châtelains et de leurs invités. Les denrées étaient conservées dans une glacière souterraine toujours située dans le parc. La glace était prélevée sur les pièces d’eau puis stockée dans un mélange de paille et de terre pour l’été.

dimanche 14 juin 2015

Les 3 fonctions exécutives, 3 compétences clés... (Céline Alvarez)

Les fonctions exécutives, 3 compétences clés.

Après la plasticité cérébrale, nous abordons aujourd’hui un autre grand pilier de la formation de l’intelligence : le développement des fonctions exécutives. Les fonctions exécutives sont essentielles, ce sont les compétences cognitives qui nous permettent d’agir de façon organisée pour atteindre nos objectifs. Les experts en relèvent trois principales : la mémoire de travail, le contrôle inhibiteur et la flexibilité cognitive.
Contrôle exécutif 
En effet, lorsque nous souhaitons faire quelque chose, qu’il s’agisse de résoudre un exercice de mathématiques, de faire une déclaration d’amour, d’apprendre à jouer du piano ou d’apprendre un pas de danse ; nous avons besoin de trois compétences dites exécutives : il nous faut une bonne mémoire de travail, qui nous permette de garder en mémoire des informations et de les organiser ; un bon contrôle inhibiteur, qui nous permette d’inhiber les distractions pour rester concentré, de contrôler nos impulsions, nos émotions, ou les gestes inappropriés ; et enfin, nous avons besoin de flexibilité cognitive, pour être créatif et ajuster nos stratégies en cas d’erreurs.
Ces fonctions exécutives sont fondamentales. Retenez-les bien. Elles nous permettent de fonctionner, de pouvoir réaliser dans le monde ce que notre intelligence commande. En effet, lorsque nous possédons une bonne mémoire, une bonne maîtrise de nous-mêmes et une belle flexibilité, nous pouvons agir succès et nager en confiance dans le grand bain de la vie.
A l’inverse, sans elles, nous ne pourrions tout simplement pas avoir un comportement intentionnellement organisé et contrôlé pour atteindre un but, quel qu’il soit. Toute situation d’action ou d’apprentissage serait rendue difficile. Ces compétences sont d’ailleurs considérées par les experts comme les fondations biologiques de l’apprentissage.

Les fondations biologiques de l’apprentissage.

“Venir à l’école avec une base solide de ces fonctions exécutives est plus important pour les enfants que de connaître leurs lettres et leurs chiffres”, rapporte The Center on The Developing Child de l’Université de Harvard. En effet, si des enfants possèdent un contrôle inhibiteur faible, la moindre distraction les déconcentrent, attendre leur tour pour parler ou pour agir leur est difficile, ils ont du mal à contrôler leurs émotions et ils ne font pas preuve de persévérance. Si leur mémoire de travail n’est pas assez développée, ils oublient la consigne, ils ont du mal à organiser leurs actions, et ne se souviennent pas du sens du paragraphe qu’ils viennent de lire. Enfin, s’ils manquent de flexibilité cognitive, ils ont de grandes difficultés à ré-organiser leur action en cas de besoin, se découragent vite si leur stratégie ne fonctionne pas et n’identifient pas forcément leurs erreurs. “Même lorsque deux enfants seulement possèdent des compétences exécutives sous-développées,” explique The Center on The Developing Child, “une classe entière peut être désorganisée, et un temps précieux détourné des activités d’apprentissage. Cela peut avoir un impact profond sur le climat général de la classe et est souvent rapporté par les enseignants comme étant une source d’exaspération et de burnout. » Ces enfants ressentent eux-mêmes un grand désavantage par rapport à leurs camarades, ils ne sont pas capables de suivre la complexité d’un jeu par exemple et peuvent ainsi être mis à l’écart par leurs pairs.
A l’inverse, de nombreuses études indiquent que les enfants ayant développé une bonne mémoire de travail, un bon contrôle inhibiteur et une bonne flexibilité obtiennent de meilleures performances scolaires, et, une fois adultes, réussissent mieux leurs examens, entrent dans de meilleures universités et obtiennent des emplois plus satisfaisants. Mais au delà de cela, et c’est ce qui nous intéresse vraiment, ils ont les moyens d’atteindre les objectifs qu’ils se fixent dans leur vie. 

Plus prédictives que le QI.

De nombreuses études indiquent que lorsque nous possédons des fonctions exécutives bien développées, c’est à dire que nous possédons une bonne mémoire de travail, une bon contrôle inhibiteur et une bonne flexibilité, nos chances de réussite et d’épanouissement sont plus assurées qu’avec un QI élevé.
Une étude, connue sous le nom de The Marschmallow Test a été conduite dans les années 60 par le psychologue Walter Mischel de l’université de Stanford. Elle visait à mesurer le lien entre le développement de l’une de ces fonctions exécutives – le contrôle inhibiteur – et la réussite à l’âge adulte. Pour mesurer cela, Walter Mischel testa 500 enfants de 4 ans qu’il suivit pendant près de 30 ans. Le test consistait à placer un Chamallow devant chaque enfant, puis à le laisser seul, assis devant le Chamallow, une quinzaine minutes. Le psychologue expliquait à l’enfant: “Si tu ne manges pas le Chamallow pendant mon absence, tu en auras un de plus à mon retour.”
Tous les enfants n’ont pas fait preuve de la même patience, et ceux qui ont réussi à attendre n’avaient pas forcément les QI les plus elevés. Les enfants qui avaient pu se contrôler et attendre à 4 ans, avaient plus d’amis à l’adolescence que les autres, géraient mieux leur stress, avaient une meilleure estime d’eux-mêmes, s’exprimaient mieux, entraient dans de meilleures universités et, à l’âge adulte, ils avaient des emplois plus satisfaisants – même avec un QI plus bas. Enfin, ils avaient nettement moins de problèmes d’alcool ou de drogue à l’âge de 32 ans, et étaient en meilleure santé, que ceux qui – à 4 ans – n’avaient pas su résister à la tentation du Chamallow. (cliquez sur le lien pour voir la vidéo).
https://vimeo.com/129371597

« Offrir aux enfants enfants les moyens de construire ces compétences à la maison, dans les programmes d’éducation précoces, et dans tous les autres contextes où ils vivent régulièrement, est l’une des plus importantes responsabilités de la société.” explique The Center on The Developing Child de l’Université de Harvard.

Un potentiel qui se développe – ou pas.

“Contrairement aux croyances populaires, apprendre à se contrôler, à être attentif et à mémoriser consciemment des informations n’arrive pas automatiquement lorsque les enfants grandissent,” explique The Center on The Developing Child. Aussi fondamentales que soient ces compétences, nous ne sommes pas nés avec. Nous sommes nés avec le potentiel de les développer – ou pas. Pour les développer, le jeune être humain doit pouvoir les exercer au moment dicté par la nature, et tous les enfants n’ont pas la possibilité de le faire.
Vous l’avez certainement constaté avec vos enfants, à 2 ans ½, les fonctions exécutives de l’être humain sont peu développées : l’enfant oublie rapidement ce qu’il voulait dire alors même qu’il est en train de parler, il se laisse vite distraire, contrôle difficilement ses gestes et ses émotions, et change difficilement de stratégie lorsque la sienne ne fonctionne pas. C’est normal, son potentiel exécutif commence tout juste à se développer et il va se développer très rapidement entre 3 et 5 ans. Cette période critique est une véritable fenêtre d’opportunité à ne pas manquer. Car, ce qui se construit lors de cette période constitue la base sur laquelle les compétences exécutives seront déployées et raffinées jusqu’au début de l’âge adulte.

Comment aider ?

The Center on The Developing Child est très clair : les environnements favorables au développement de ces compétences sont ceux dans lesquels l’adulte amène précocement et progressivement l’enfant vers une autonomie de plus en plus maîtrisée. En effet, lorsque nous encourageons l’enfant à faire seul, à se chausser seul, à ranger ses affaires seul, à se savonner seul, ou à écosser des petits pois à nos côtés, nous l’aidons à exercer ses fonctions exécutives : il doit atteindre un objectif précis et pour cela il doit focaliser son attention, contrôler les gestes ou les émotions inappropriées, planifier ses actions, et rester flexible en cas d’erreur. Il n’y a que lui, par sa propre activité, qui puisse construire son intelligence exécutive. L’adulte ne peut que l’encourager, dès 3 ans, à faire lui-même ce qu’il peut faire lui-même, en l’accompagnant sans faire à sa place, en l’encourageant, puis en s’effaçant progressivement. Rien de plus. Nul besoin d’aller chercher des activités extraordinaires, à 3 ans, l’ordinaire est extraordinaire.

Quand l’intelligence se défend de nous.

L’enfant de 3 ans est donc un être d’action, il doit faire par lui-même pour entraîner ses fonctions exécutives. Cette exigence à vouloir absolument faire par lui-même, n’est donc ni un caprice, ni une manie, ni un hasard : c’est une manifestation de l’intelligence qui demande à s’exercer. Et lorsque qu’il exerce son intelligence – n’essayez pas de faire à sa place, vous vous exposeriez à une levée de boucliers.
Laissez-moi vous raconter une anecdote. A Gennevilliers, il y avait un enfant de trois ans, habitué à ce que l’on fasse tout à sa place. Le matin, il s’asseyait sur le banc dans le couloir, totalement passif, le corps mou et regardant dans le vague, s’abandonnant totalement à l’adulte qui lui retirait ses chaussures et lui mettait ses chaussons. Préoccupée par son développement exécutif, je passais un peu de temps tous les jours avec lui pour lui montrer comment se déchausser et se chausser seul. Après seulement deux jours, il commençait à reprendre plaisir à faire par lui-même. Le troisième midi, alors qu’il se trouvait dans le couloir sur le banc à mettre ses chaussures en attendant sa grand-mère, j’entendis un cri perçant. Il s’agissait d’un cri si primal que je n’avais pas même reconnu la voix du petit garçon. Sa grand-mère, pressée, était arrivée et avait tenté de lui prendre ses chaussures des mains pour les lui mettre. Pour se défendre, le petit avait repris ses deux chaussures, et était parti en courant vers la sortie de l’école, la grand-mère à ses trousses. Il s’arrêta sur le banc d’une autre classe, pleurant et redoutant un nouvel assaut de sa grand-mère, qui ne tarda pas à arriver : « Méchant ! Je vais te mettre tes chaussures, on est pressé ! » Je dis à sa grand-mère : « Il veut seulement le faire lui-même, c’est important pour lui. Il veut que vous le laissiez faire. » Et je me plaçai entre l’enfant et sa grand-mère en invitant l’enfant à mettre ses chaussures : “Vas-y, mets tes chaussures, ta grand-mère va attendre, je reste là.” Il s’apaisa et mit, sous le regard coléreux et impatient de sa grand-mère, ses chaussures avec un soin amoureux.
Ainsi, lorsque nous refusons à un enfant âgé de 3 à 5 ans de boutonner seul sa veste par manque de temps et qu’il proteste violemment, ce n’est pas lui qui se dresse face à notre maladresse, c’est toute l’intelligence de l’Homme qui gronde car elle trouve une entrave à son développement. Il s’agit d’un indicateur négatif de la présence d’une période critique. A l’inverse, si nous n’entravons pas son activité, nous le voyons traversé par une concentration extraordinaire et rechercher une précision étonnante, sa satisfaction est pleine et joyeuse. Cette grande satisfaction est l’indicateur positif d’un besoin critique comblé.

Une promesse d’épanouissement social.

Les circuits cérébraux associés aux fonctions exécutives se situent dans le cortex pré-frontal, lui-même relié aux structures qui répondent au stress et à la gestion des émotions. Ainsi, dotés de bonnes fonctions exécutives, nous pouvons mieux faire face au stress, nous sommes capables d’analyser et d’exprimer nos émotions avec sérénité, de mieux comprendre celles des autres, et par conséquent, nous sommes plus à même de résoudre et d’éviter les conflits relationnels. Les études le confirment et sont très claires : avoir des fonctions exécutives bien développées permet des relations amicales et sentimentales durables et harmonieuses.
« Si vous souhaitez que votre enfant réussisse à l’école et dans la vie, aidez-le à développer de bonnes fonctions exécutives. Ces compétences sont vraiment importantes et souvent plus prédictives que le QI”, affirme Adele Diamond, spécialiste internationale des fonctions exécutives.

A retenir.

Entre 3 et 5 ans, l’être humain développe à grande vitesse ses fonctions exécutives par sa propre activité. Bien développées, elles vont lui permettre de fonctionner, de réaliser n’importe quelle tâche avec succès. Ainsi, quelque soit le milieu où l’enfant évolue, à l’école ou à la maison, avant même de penser à lui enseigner les lettres, les chiffres ou autre chose, il faut l’aider à les développer. Le reste attend. Pour cela, il nous faut adopter une posture simple auprès de nos enfants, dès leur naissance, et pour tous les gestes de la vie quotidienne : “Tu peux le faire, tu vas le faire, même si cela prend du temps, je sais que tu vas y arriver.”
Le développement des fonctions exécutives fut le pilier fondateur de notre travail à Gennevilliers. Il permit aux enfants d’entrer avec joie dans les apprentissages et de s’épanouir dans la relation à l’autre. Nous publierons une vingtaine de vidéos pratiques dans les semaines à venir pour vous donner une idée de la façon dont nous avons procédé.

Pour approfondir

National Scientific Council On The Developing Child, Building The Brain’s “Air Traffic Control” System : How Early Experiences Shape The Development of Executive Function, Working paper 11, Center on the Developing Child – Harvard University
TEDx Adele Diamond – Turning some ideas on their heads
Enhancing and Practicing Executive Function Skills with Children from Infancy to Adolescence, Center on the Developing Child – Harvard University
L’attention et le contrôle exécutif. Conférence de Stanislas Dehaene, Collège de France Diamond, A., & Lee, K. (2011).
Interventions shown to aid executive function development in children 4 to 12 years old. Science (New York, N.Y.), 333(6045), 959–964.

Alice et les traductions du temps présent (blog Nathalie MP)



Alice et les traductions du temps présent

Où je parle de quelques « nivellements » : Réforme du collège, langue française et romans pour la jeunesse.
—->  Cet article a également été publié le samedi 13 juin 2015 sur     logo-cp


La crainte du nivellement par le bas exprimée par les enseignants est partagée par un collectif d’étudiants et de jeunes professionnels. Ils ont publié hier une tribune dans le Huffington Post ainsi qu’une lettre ouverte à la Ministre de l’Education dans le Figaro. Ils expliquent qu’ils sont issus des filières d’excellence sans pour autant faire partie des classes sociales favorisées et que l’accès aux classes bilangues, au latin et au grec, ainsi qu’à un enseignement scientifique et littéraire complet, fut pour eux le moteur riche et passionnant de la réussite. Ils demandent à la Ministre de suspendre l’exécution du décret d’application de la réforme du collège afin d’ouvrir un vrai débat démocratique sur la question.
Il se trouve qu’au même moment, le Projet Voltaire, service internet de formation à l’orthographe et à la grammaire, publiait les résultats d’une étude conduite auprès de 50 000 participants : en 2010, ils étaient 51 % à maîtriser correctement l’ensemble des règles de la langue française tandis qu’ils ne sont plus que 45 % en 2015. « Je ne pensais pas que la baisse serait aussi spectaculaire en seulement cinq ans ! » se désole Pascal Hostachy, fondateur du projet. Il souligne que la qualité orthographique dépend directement de notre confrontation à l’écrit, c’est-à-dire à la lecture. Si dans cette étude les femmes réalisent de meilleures performances que les hommes, c’est parce qu’elles lisent plus. La lecture est au coeur de notre apprentissage et de notre maîtrise du Français, et cela commence dès l’enfance.
Quant à moi, chaque année à la même époque, je me lance dans une vaste opération de tri et de rangement en prévision de la célèbre braderie de la rue d’Isly. C’est l’occasion de me replonger avec délice et nostalgie dans les livres que j’ai dévorés passionnément quand j’étais élève à l’école primaire ou en classe de sixième. Parmi eux, Les six compagnons de la Croix-Rousse, et surtout, Alice, mon héroïne préférée. Et c’est aussi l’occasion de faire quelques comparaisons entre les éditions successives.
Quelques mots sur Alice Roy, jeune américaine intelligente, indépendante et sportive, dont les talents de détective et les qualités de coeur vont redonner le sourire à maintes personnes lésées, trompées ou terrorisées. En anglais, elle s’appelle Nancy Drew. Son auteur, Caroline Quine (Carolyn Keene en anglais) est en fait un nom de plume regroupant plusieurs rédacteurs. Elle apparait aux Etats-Unis en 1930 et en France en 1955. Le directeur des collections jeunesse chez Hachette, ancien professeur d’anglais, souhaite alors relancer la Bibliothèque verte en éditant des séries anglo-saxonnes qui mettent en scène des héros récurrents. Le premier titre publié sera Alice détective, bientôt suivi de Alice au bal masqué. Commence alors une carrière pleine de succès pour la série Alice qui sera très longtemps en tête des ventes de la Bibliothèque verte. La première traductrice de la série fut Hélène Commin et le premier dessinateur, celui qui fixera un certain nombre de caractéristiques visuelles du personnage, tel que le bandeau dans les cheveux, fut Albert Chazelle.
Mais au fil des années, textes et illustrations subissent quelques aménagements. Quand j’ouvre mon exemplaire d’Alice au bal masqué, par exemple, et que je le rapproche de celui que j’ai acheté pour ma fille quelques décennies plus tard, je découvre que les traductions et les textes de quatrième de couverture (cliquer sur les photos pour mieux lire) ont évolué comme ceci :
 alice-au-bal-masque-99987-250-4004è de couv oldTexte de 1962 :
“Ce costume te va à ravir, Alice”, dit la vieille Sarah. Elle enveloppa la jeune fille d’un regard plein de tendresse, puis ajouta en souriant: “Il te donne, de plus, un air si mystérieux….” Alice Roy achevait de s’habiller pour le bal masqué auquel elle était invitée ce soir-là chez les parents de Gloria Harwick, son ancienne camarade de lycée. Elle devait s’y rendre en compagnie de Ned Nickerson, ami d’enfance qui se faisait volontairement son chevalier servant. Pour l’occasion, elle avait revêtu un déguisement de grande dame espagnole: longue robe rouge à volants et mantille de dentelle. Debout devant sa psyché, Alice assura soigneusement la perruque brune qui dissimulait ses boucles blondes. Un loup de satin noir au bavolet de tulle dissimulait entièrement son visage, ne laissant voir que les yeux bleus, pétillant de malice derrière les fentes du masque. »

 Texte de 2008 :
“Ce costume te va à ravir, Alice”, affirme Sarah. Elle ajoute en souriant: « Il te donne un petit air mystérieux… » Alice Roy achève de s’habiller pour le bal masqué auquel elle était invitée ce soir-là chez les parents de Gloria Hendrick, une ancienne camarade de lycée. Elle doit s’y rendre en compagnie de Ned Nickerson, son chevalier servant. Pour l’occasion, elle a revêtu un déguisement de grande dame espagnole : longue robe rouge à volants et mantille de dentelle. Debout devant son miroir, Alice ajuste soigneusement la perruque brune qui dissimule ses boucles blondes. Un loup de satin noir cache son visage, ne laissant apparaître que ses yeux bleus pétillant de malice.
Entre 1962 et 2008, s’intercalent d’autres versions qui concourent toutes à la cure d’amincissement du texte, provoquant parfois de grandes déceptions chez les adultes qui ont grandi avec Alice, le Club des cinq ou les Six compagnons. A travers cet exemple, on a tout loisir de constater  : 1. que le récit ne se fait plus à l’imparfait et au passé simple, mais au temps présent, 2. que les détails descriptifs sont limités voire supprimés  (regard plein de tendresse, bavolet de tulle) et 3. que le vocabulaire est simplifié de manière à ne garder que les termes génériques à l’exclusion de tout terme spécialisé (psyché devient miroir, dissimuler devient cacher).
La réaction immédiate consiste à se dire que décidément nos enfants ne sont pas aidés. Si la lecture est le vecteur de la connaissance de la langue, si elle est le moyen d’apprendre à exprimer des idées variées avec des mots et des connecteurs logiques variés utilisés dans une concordance des temps également logique, il n’est guère étonnant qu’ils aient de plus en plus de mal à s’exprimer à l’écrit comme à l’oral, tant les modèles qu’on leur donne sont allégés. On se demande à quoi pensent les éditeurs : jugent-ils avec un total réalisme que les jeunes d’aujourd’hui sont tellement mal formés à l’école que s’ils veulent encore vendre des livres il faut leur donner de la lecture basée sur un ensemble très limité de vocabulaire et de syntaxe ?
J’ai eu la chance de pouvoir contacter par téléphone un responsable d’édition de Hachette Jeunesse, et je le remercie ici du temps qu’il m’a consacré. Je lui ai fait part de mon étonnement devant ce que je qualifierais d’appauvrissement des textes proposés aux jeunes et je lui ai expliqué que j’aimerais beaucoup avoir son point de vue d’éditeur. Il m’a tout de suite reprise. Il n’est pas du tout question d’appauvrissement, mais de modernisation. La société a évolué, les enfants ont changé et sont confrontés à des modes de communication très diversifiés. Ils ont l’habitude de passer très rapidement d’un centre d’intérêt à un autre. Pour les attirer vers la lecture, il faut donc qu’ils y retrouvent les caractéristiques des autres médias. L’utilisation systématique du présent vise à accélérer le récit, de même que la suppression des passages trop descriptifs. Hachette considère que les textes comme Alice sont intemporels : on garde l’histoire, mais on la transpose et on l’adapte au fil du temps. Par contre, les textes dits « d’auteurs » sont conservés en l’état, des renvois en bas de page apportant les éventuelles explications nécessaires. C’est le traitement appliqué à la comtesse de Ségur, par exemple.
Sous les propos de l’éditeur, on comprend malgré tout que le public des lecteurs doit être encouragé (*) et qu’il importe d’aller au devant de lui. Les Bibliothèques rose et verte sont maintenant pratiquement entièrement dédiées à la transposition à l’écrit de séries télévisées en vogue auprès des enfants. Quant à la modernisation d’Alice, elle correspond bien à une perte de contenu dans la mesure où ces textes sont maintenant édités en Bibliothèque rose, c’est-à-dire pour un lectorat beaucoup plus jeune que lorsque la série a démarré en France en 1955.
S’il est vrai que le monde évolue, il me semble que c’est plutôt dans le sens d’une complexité croissante. J’ai du mal à croire que le langage qui sert à décrire le monde puisse dans le même temps se recroqueviller sur lui-même. Ne parlons pas spécifiquement vocabulaire, il est très possible que sur ce plan-là nous ne soyons pas en train de vivre un appauvrissement mais un glissement vers une sorte de remplacement : psyché devient certes désuet, mais fournisseur d’accès internet va peut-être faire son entrée dans le dictionnaire, à l’instar d’autres mots destinés à nommer les nouveaux objets de notre réalité. Parlons plutôt syntaxe, conjugaison et variété de la langue : ce sont les éléments centraux d’un langage évolué car il est question de subtilité, de logique et d’articulation des pensées. Toute éducation qui voudrait s’en affranchir constituerait selon moi une régression intellectuelle grave.

(*) Mise à jour du vendredi 12 juin 2015 à 12 h : Hachette Jeunesse me fait savoir que la collection en question est en pleine santé.

3 réflexions sur “Alice et les traductions du temps présent”

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